L’un des personnages les plus emblématiques du carnaval de Martinique, le Nèg Gwo Siwo, puise ses origines de la période de l’esclavage. Leur déguisement, fait d’un mélange de charbon de bois écrasé et de sirop de batterie, est bien plus qu’un simple costume. Il est le reflet d’un acte de résistance, un hommage aux « Nèg Marrons », ces esclaves fugitifs qui ont lutté pour leur liberté.
Un Camouflage pour Échapper à l’Oppression
À l’époque de l’esclavage, les Nèg Marrons cherchaient à fuir l’emprise des maîtres et à s’échapper des plantations. Pour passer inaperçus, ils se couvraient de cette mixture faite de charbon de bois broyé et de sirop de batterie, un produit visqueux extrait de la canne à sucre. Ce camouflage improvisé, simple mais efficace, leur permettait de se fondre dans le décor naturel, d’échapper aux regards vigilants des surveillants et de s’aventurer dans la forêt, qui représentait leur seule échappatoire vers la liberté.
De la Résistance à la Tradition Carnavalesque
Ce geste de camouflage a traversé les siècles et est devenu un incontournable du carnaval martiniquais sous la forme des Nèg Gwo Siwo. Craints et admirés, ils jouent un rôle clé dans la fluidité de la circulation du carnaval, facilitant le passage des autres groupes et protégeant les chars de la foule. Ils taquinent par ailleurs la foule de carnavaliers ou de spectateurs et sèment la bonne humeur tout en redonnant vie à une tradition forte et symbolique.




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